Mercredi 16 juillet 2008

          L'inamovible président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, Jean-Marc Ayrault, qui remettait son manda en jeu un an après sa réélection dans la foulée des législatives de 2007, a été réélu par 120 vois contre 57 pour Arnaud Montebourg, mardi 8 juillet, lors d'un scrutin qui a donné un avant-goût de l'affrontement annoncé au congrès de Reims en novembre.
          Le député-maire de Nantes, chef de file du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale depuis 1997, a vue dans cette réélection "l'adhésion à une méthode", celle du travail collectif. "Ce qui a gagné, c'est une certaine idée du fonctionnement du groupe parlementaire, qui n'est pas soumis aux aléas de congrès", s'est-il félicité après le vote. "Il n'y a pas d'homme providentiel. Ce qui est important, c'est qu'on joue collectif. La bataille contre la droite, contre le système Sarkozy, est particulièrement rude", a-t-il noté. "Les députés socialistes dans leur très grande majorité ont souhaité rester unis et forts". JM Ayrault n'a pas précisé si Arnaud Montebourg resterait premier vice-président du groupe. De son côté, Arnaud Montebourg, qui s'était lancé jeudi dernier à la surprise générale à l'assaut de la présidence du groupe, a vu dans son score une "étape" dans le renouvellement des dirigeants du PS. "C'est une belle étape, il y en aura d'autres", a-t-il lancé, "tôt ou tard, la question de la mutation et du renouvellement du Parti socialiste sera sur la table". Expliquant que sa démarche ne s'inscrivait "pas du tout" dans la préparation du congrès, Arnaud Montebourg, soutenu par les "reconstructeurs" (amis de Laurent Fabius et Martine Aubry), a estimé que la question du renouvellement serait posée lors du rendez-vous de novembre à Reims. Déjà candidat il y a un an, Arnaud Montebourg avait recueilli 30 voix au premier tour, contre 78 pour Jean-Marc Ayrault. Ses partisans n'ont pas caché leur déception. "Il y a le syndicat des intérêts acquis et de l'immobilisme et ceux qui veulent bouger", a jugé Yves Durand. Le député du Nord a mis en cause le vote par correspondance utilisé pour faire voter les nombreux députés absents en cette période de session extraordinaire: "on n'a jamais voté par correspondance dans ce parti, même pour le Premier secrétaire".
          François Hollande, qui soutenait Jean-Marc Ayrault ainsi que les partisans de Bertrand Delanoë et de Ségolène Royal, a salué le "choix de la cohésion, de la cohérence et de la solidarité".


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Mercredi 16 juillet 2008

          L'endettement des collectivités locales en France est réputé pour avoir été, jusqu'à présent, parfaitement équilibré. Ces dernières années, la faiblesse des taux et une gestion maîtrisée étaient les tenants de comptes sains et sans surprises. Mais les prêts bancaires ont évolué. "Les marges des banques sur les prêts classiques aux municipalités ont énormément baissé depuis les années 1990. Elles ont donc proposé parallèlement à leur offre traditionnelle des produits indexés voire structurés à plus forte marge : des financements à taux variables construit sur des indices peu lisibles" explique Olivier Régis (Le Monde), économiste et délégué général de l'association Forum pour la gestion des villes. Gestion active, crédits structurés, ont permis aux collectivités locales (communes, départements, régions) d'emprunter pour pas cher, mais les ont engluées dans des emprunts à taux variables, trop variables. Les mensualités à rembourser s'envolent, suite à la crise des subprimes et la bonne affaire tourne au fiasco.
          Les taux variables sont toujours plus avantageux à court terme que les taux fixes mais bien plus risqués car ils constituent un pari sur l'avenir. Lorsque les indicateurs, qui servent à fixer le taux, décroche, les remboursements peuvent exploser. Le Conseil général de la Manche, exemple rapporté par Le Monde, a contracté un emprunt de 10 millions d'euros auprès du Crédit Agricole pour financer la réfection d'un hôpital. Le taux du prêt est en partie indexé sur le cours de la couronne suédoise. Une crise des subprimes plus tard, le taux a gonflé de 1 point. Sur la totalité de la période, cela représente une somme importante, d'autant que les remboursements vont continuer de grimper. La communauté de commune de Chartres Métropole a contracté un prêt de 15 millions d'euros sur vingt ans auprès de Dexia Crédit local, dont l'intérêt des trois premières années est en partie lié au taux interbancaire de Varsovie (Wybor). Certains emprunts indexés sont liés aux parités de change du dollar (USD), du franc suisse (CHF) ou du yen. Comme ce prêt de Dexia Crédit local (29 millions d'euros sur 25 ans), prévoyant textuellement : "2,44 % jusqu'au 1-8-2010 puis 2,44 % si cours USD/yen >= 86, sinon 2,44 % + 27 % ((86/change USD/yen) - 1) jusqu'au 1-8-2027, puis 2,44 %" ! Dans ses conditions de prêt, les projections sont impossibles et tiennent plus de la boule de Crystal que de la gestion de bon "père de famille".
          D'après Les Echos, les collectivités locales auraient emprunté plus de 10 milliards d'euros au travers de se type de produits dits "structurés" qui représenterait 29 % de la dette des collectivités locales. Cependant, les montants globaux des remboursements sont aujourd'hui totalement imprévisibles. Une communauté de communes aurait récemment vu sa dette réaménagée à hauteur de 100% !
          Les établissements hospitaliers, eux aussi, se sont fait piéger. Depuis le plan Hôpital 2006, qui leur donnait plus d'autonomie dans leur gestion, certains gérants se sont lancés dans ce type d'emprunt sans en saisir toutes les subtilités. Aujourd'hui, le réveil est douloureux...
          Pourtant, une tel crise à déjà eu lieu. La faillite, en 1995, du comté d'Orange (Californie), une des plus riches collectivités locales aux Etats-Unis, en a été un symbole fort. Depuis cette époque, on sait que les responsables de fonds publics peuvent se révéler être de piètres gestionnaires et les banques de terrible irresponsable. En outre, l'actuelle crise financière a mis en évidence que les banques, aussi, peuvent tomber dans des travers de mauvaise gestion. Si l'avenir s'assombrir pour les collectivités locales, il pourrait bien se compliquer pour les banques. Les collectivités locales commencent à attaquer en justice les prêteurs indélicats et cachotiers. Le 27 mars 2008, précisent Les Echos, le tribunal de commerce de Toulouse a annulé des contrats de prêt portant sur 20 millions d'euros au nom du principe de "l'obligation prétorienne d'information et de conseil". En Allemagne les procès se multiplient et en Italie, l'Etat envisage de suspendre pendant un an le recours aux produits dérivés.


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Mardi 15 juillet 2008

          Supprimer les syndicats, virer les fonctionnaires, éradiquer les CDI, interdire les grèves, obliger les salariés à travailler le dimanche et à dormir sur leur lieu de travail... Bienvenu dans le monde merveilleux de Serge Dassault, porte flingues de Sarkozy (précédemment de Chirac), tenant de la droite décomplexée, l'homme qui vaut 35 milliards d'argents publiques.
          Propriétaire du Figaro et de Dassault Aviation, qui aura couté 35 milliards d'euros de subventions publiques, Serge Dassault est maire (de Corbeille Essone) et sénateur, il est aussi rapporteur spécial de la mission "travail et emploi". Très spécial même, car depuis quelques temps, l'entrepreneur-affairiste-homme politique s'est mis en tête de changer la France en profondeur. Très profond même. Soigner la France de son "cancer" des 35 heures, libérer son pays de l'"anarchie", lancer la chasse à ces chômeurs qui ne veulent pas travailler... le programme est clair, robuste et sans ambigüité.

Serge Dassault était invité de la matinale d'iTélé, le 10 juillet.

La grève doit être interdite. Sus à l'anarchie !
          "Il faut encadrer le droit de grève (...) La grève politique doit être interdite, la grève de soutien doit être interdite (...) C'est scandaleux. Quand le gouvernement veut réduire le temps de travail [sic] ou augmenter le temps pour la retraite ou les points retraite, on fait la grève mais ça rime à quoi ? On est en anarchie !" Vu comme ça...
"A quoi ça sert un syndicat ? ça sert à faire la grève parce qu'on fait des licenciements qui sont nécessaires pour l'entreprise ou parce que l'on veut augmenter les salaires, ce qui aussi nuit à l'entreprise." Reconnaissons qu'ils ne sont pas gentils, les syndicats !
Sarkozy, bouge-toi un peu !
Sarkozy, "il fait bouger la France et il a raison. A mon avis, il ne la fait pas bouger assez vite".
La Chine ? Un modèle.
          "Les Chinois ils travaillent 45 heures, ils dorment sur place dans leurs usines, ils font de bons produits pas chers, parce qu'ils travaillent. La France ne travaille pas." Ce à quoi rétorque le journaliste, inquiet (un anarchiste, peut-être) : "ce n'est pas ce que vous voulez... que les Français dorment dans leurs entreprises ?!". Super-Serge ne répondra pas. Un faux-pas sans doute, Dassault reste humain.
"Ces 35 heures, c'est le cancer de la France, ça a cassé l'industrie."
Le client est roi
          "Les chefs d'entreprise ne peuvent plus faire ce qu'ils veulent pour gérer leurs entreprises. Dans une entreprise c'est le client qui compte. C'est pas le syndicat, c'est pas le salarié, c'est pas l'actionnaire."

          Voila le vrai visage de l'UMP, de ceux qui site Jaurès pour épater les foules de bobos droitiste parisianiste et qui se fende la gueule dans leurs dos. Voila un programme comme Sarkozy en rêverais, mais heureusement la France n'en est pas la et n'est pas prés d'y revenir. Envoyons le privilégié Dassault en Chine, sa lui fera du bien, puisqu'il si sentirai si bien. Et puis après tout, la France, tu l'aime ou tu la quitte ...



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Jeudi 10 juillet 2008

          Belle, Douce, Rose et Blanche sont quatre femmes qui travaillent dans le même bureau. Elles se racontent, dans leur rôle de femmes, d'épouses, de mères de famille et de travailleuses prises au piège dans l'arène infernal de leur vie et nous embarque dans une ronde hystérique. C'est l'espace de quatre femmes, modernes, soumises au culte du paraître, de la perfection et de la performance. Espace d'artifice, d'hypocrisie, de rancœurs dissimulées, de désirs refoulés et de jalousies dévorantes. On se flatte, on se griffe, on s'amadoue, on se tue ... et gare a celle qui ne respecte pas les règles tacites.
          Pas de place ici pour le lyrisme ou la poésie. Les mots sont rude, découper au scalpel, déglutit lentement pour nous raconter l'horreur quotidienne d'un bureau déshumanisé. Ils grincent, s'accrochent là ou ça fait mal et nous dévoile un monde d'une cruauté infini. Dans se quotidien qu'elles essaient de rendre conforme aux exigences économique, elles étouffent et cherche un exutoire, pour respirer, jouir enfin ... une réflexion maladroite de l'une d'entre elles et c'est le début d'une machination cruelle qui se dessine au fur et à mesure que la partie se joue.
          Hard Copy dénonce avec humour et cynisme la quête de perfection de la femme dans notre société moderne et laisse cette question en suspend : "Etre femme au XXIème siècle, sa veut dire quoi ? Ca se vie comment ?"

          "Quatre femmes dans un bureau se livrent à un jeu dangereux où chaque mot prononcé peut tuer. L'équilibre ne tient qu'à un fil... Qui brisera la routine ? Belle, Blanche, Douce ou Rose ? Attention, Hard Copy peut changer votre regard sur votre collègue de travail... "

          "Hard Copy" de Isabelle Sorente, jouer par la Compagnie "Les Quatr'Elles" au Théatre de la Poulie, 23 rue Noël Biret à Avignon du 10 juillet au 2 août (relâche le 24) à 20h35. Réservations : 06 32 06 05 64.
          Mise en scène Esther BASTENDORFF, Avec Emilie JOURDAN, Marie SURAN, Audrey VANDOMME, musique : Hugues TABAR-NOUVAL, création lumière : Bruno DIRCKX.


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Jeudi 10 juillet 2008

          Le ministère de l'enseignement supérieur a annoncé, mercredi 2 juillet, que les droits d'inscription à l'université, pour l'année 2008-2009, vont augmenter de 2,5 % pour la licence et de 5 % pour le mastère et le doctorat. Ces droits d'inscription avaient déjà augmenté de 1,7 % en 2007 et de 4,9 % en moyenne en 2006. Le ministère de l'enseignement supérieur a précisé dans un communiqué, qu'un étudiant qui s'inscrit en licence (jusqu'à bac +3) à la rentrée 2008 devra payer 169 euros (165 euros en 2007), un étudiant en mastère (bac +5) 226 euros (215 euros en 2007) et un doctorant 342 euros (326 euros en 2007).
          L'UNEF (Union Nationale des Etudiants de France) et la FAGE (Fédération des Associations Générales Etudiantes) ont dénonce ces hausses : "C'est une hausse très importante, bien supérieure à l'inflation", a déclaré à l'AFP le président de l'UNEF, Jean-Baptiste Prévost. Cette annonce est "indécente au vu de la campagne lancée par le gouvernement pour faire baisser le pouvoir d'achat", a-t-il ajouté, mettant en garde contre des "risques de fortes tensions à la rentrée". Il a aussi critiqué la plus forte hausse pour le mastère et le doctorat, déplorant un accès "discriminant" aux études longues. La FAGE demande à la ministre de "revoir sa copie" et de "renoncer à publier l'arrêté". Selon les deux organisations étudiantes, cette hausse s'ajoute à la probable augmentation - de 5 à 10 centimes, selon l'UNEF - du prix du ticket-restaurant universitaire (aujourd'hui à 2,80 euros). Son prix pour la rentrée sera connu vendredi, indique la FAGE, qui en demande aussi le "gel". Les responsable de l'UNI (UMP), estiment que l'augmentation est minime...


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Mercredi 9 juillet 2008

          "Le vrai sujet du PS aujourd'hui, à force de ne pas avoir crevé ses abcès idéologiques, de ne pas sortir une idée nouvelle depuis dix ans, c'est que maintenant est monté à la gauche de la gauche un type qui s'appelle Olivier Besancenot", estimé lors du "Grand Rendez-vous Europe 1 - TV5 - Le Monde - Le Parisien" l'inénarrable Jean-François Copé.
          Je ne lui donnerais pas tort sur le trop grand écart idéologique aux seins du PS, de Hamon a Strauss. Ni sur le fait que le parti, tiraillé entre la tentation centriste et le cap à gauche, voient s'enfuir et se détourner toute une partie de l'électorat progressiste au profit du leader de la LCR, qui incarne, sans compromis ni ambigüité, une opposition frontale et résolue à la droite et au capitalisme. Mais de là à interpeller la Royal, en estimant qu'elle "aurait mieux fait, plutôt que de concentrer ses tirs avec cette violence contre Nicolas Sarkozy, de nous dire ce qu'elle compte faire avec un autre problème beaucoup plus grave qui est celui d'Olivier Besancenot", il y a là un renversement de priorité des plus singuliers. Olivier Besancenot serait donc un "problème beaucoup plus grave" que Nicolas Sarkozy ? Plus grave que celui qui entraîne tout un pays, jour après jour, plus loin dans la voie de la régression sociale et culturelle et qui menace un à un tous les piliers sur lesquels la République est bâtie ? Pour détourner le débat de sont patron, Jean-François Copé en arrive a de tel position et ira même jusque diaboliser le facteur, comparé à nul autre que... Jean-Marie Le Pen ! Olivier Besancenot serait "en train d'utiliser la même stratégie que Jean-Marie Le Pen à l'extrême droite il y a vingt ans, c'est-à-dire un système dans lequel, en réalité, on vient chercher très à gauche et ne reculant jamais devant aucune provocation". À peine reconnaît-il "évidemment quelques différences notoires de conceptions entre l'extrême droite et l'extrême gauche". Ouf. Il fallait tout de même oser comparer le chef du Front national avec celui de la LCR, venant du représentant du parti qui a consciencieusement siphonné l'électorat d'extrême droite en appliquant à la lettre son programme ultra-sécuritaire !
          Mais, le plus intéressant de sont intervention n'est pas là. Mais dans une petite partie de reproduite ci-dessus, précisément ce passage : "Le vrai sujet du PS aujourd'hui, à force de (...) ne pas sortir une idée nouvelle depuis dix ans (...)". Posture habituel de la droite. Emblématique et constante d'un camp qui prétend être celui de l'innovation et de la "réforme" et présente la gauche comme immobiliste et réactionnaire. Mais, quelles sont-elles, les idées de Jean-François Copé ? Et d'une façon général, celle de la droite française d'aujourd'hui. Il faut en réalité parler au singulier : il y a, à droite, UNE idée, "travailler plus pour gagner plus". Et c'est cette idée que Jean-François Copé, on a pu le constater ad nauseam, a défendu inlassablement en courant les plateaux de télévisions pendant la campagne pour ressasser l'improbable slogan, censé pouvoir résoudre tous les problèmes de la France. Alors reprocher aux socialistes de ne pas avoir eu d'idée nouvelle depuis dix ans, de la part de ses gens là, c'est un peu fort.
          Marylise Lebranchu, députée PS du Finistère et ancienne garde des sceaux (d'un autre niveau et d'une classe que Calamity Dati !) fournit une réponse parfaite à la présomptueuse saillie de Copé, dans sa contribution au congrès de Reims : "Ce que le candidat Sarkozy a accompli mérite d'être souligné. Au terme d'un pilonnage quotidien, il est parvenu, pour la première fois depuis vingt-cinq ans, à rompre avec l'équation qui faisait de la contestation des thèmes mitterrandiens une régression. Aussitôt, la préservation des limites posées par la gauche est devenu conservatisme : ce sont les rentiers, les fraudeurs du fisc qui ont soudain incarné, aux yeux des Français, le camp du mouvement, de la liberté et du progrès ! Sa nouveauté ne tient donc pas à ses slogans, qui sont pour certains directement importés de la droite des années 1970 (pour une France de propriétaires, contre la chienlit de 1968, pour la France qui se lève tôt...). Elle tient encore moins à ses politiques qui sont un retour vers la France d'avant-guerre, voire de l'Ancien régime : remise en cause de la durée légale du travail (avant 1919), de la retraite par répartition (avant 1945), des remboursements de Sécurité sociale (avant 1945), du repos hebdomadaire (avant 1906)... et réinvention d'un enfermement judiciaire hors peine (avant 1789) ! La nouveauté de la situation vient de la capacité du candidat de droite à faire de ces vieilles lunes réactionnaires le signe même du modernisme, et simultanément, à faire des valeurs de la gauche l'attribut même de la ringardise."
          Tout est dit, merci Marylise !


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Mercredi 9 juillet 2008

          Pas simple de trouver sa place comme opposant. Non seulement on est le perdant, l'exclu du jeu démocratique, mais en plus on doit se délimiter, seul, un air d'expression et d'action. Pour cela, pas de règle, pas de mode d'emploi, pas de formation. Dans un petit village comme le mien, l'exercice est très difficile et quand l'adversaire y met une mauvaise volonté évidente, affiché et assumé, sa peut vite tourner au calvaire. La dernière publication de notre journal d'opposition « Quoi de neuf à Moussy » en a été un exemple frappant.
          Alors que nous avions réalisé la quatrième publication de notre journal en mai, l'édile de mon village a fait glisser sa plus fine plume, c'est dire si j'ai tremblé, sur la feuille de choux municipal, allias « la Pravda », afin d'accusé, avec force de conviction et d'arguments, l'opposition d'agitation chronique et de bêtise intégrale. Venant de sa part, c'est un compliment. Comme on dit, se faire traiter de con par un imbécile est un mets de fin gourmet. Mais, qu'avait bien pu déclencher une telle diatribe ? Un article sur les ampoules au phosphore ... Cet article se trouvé dans la rubrique « La tête dans ma planète », dans la quel nous présentons, chaque trimestre, des avancé dans le domaine environnemental. Aucune attaque, aucune critique dans cette rubrique. De l'info, pure et dure. Mais c'est cet article qui déclencha la tempête. Même un adversaire peut être décevant, la preuve ! A se point la, c'est à se foutre par la fenêtre ...
          Il n'était pas question de nous, et de me, laisser brutaliser par ses gens là. La campagne avais déjà été difficile, non seulement je n'avais pas d'adversaires puisqu'aucun débat n'était possible (nous avons été superbement ignoré pendant 6 mois), mais en plus ceux-ci faisait circulé sur moi les pires horreurs (alcoolique, drogué, j'en passe et des meilleurs ...). De la politique de fond de poubelle, nauséabonde, de la pire espèce. Je ne voulais pas me laisser enferrer dans ce système ou chaque idée avancé par mon équipe serais réduite en poudre par la démagogie crasse de la majorité municipal et ou chaque argument serais pris comme une attaque personnelle. La petite guéguerre "j'ai raison, tu a tord", "tu es le méchant, je suis le gentil", sa a ses limites. Alors j'ai souahtais réagir et la dernière une du QDN a représenté notre maire caricaturé en Louis XIV, avec perruque poudré, jabot et hermine, en pleine page, sous titré « Moussy, c'est moi ! ». En toute modestie, je dois dire que c'est très ressemblant et asser réussi. Finalement je ne fesais que dessiner tout haut, se que tout le monde pense tout bas. Evidement sa n'a pas plus. Mais au moins c'est efficace, cette fois ci, pas de réponse ! Pas simple de répondre a de l'humour, c'est sur.
          Ce qui est sur également, c'est que je ne me laisserai plus marcher sur les pieds. Marre de recevoir des leçons de moral de la part d'élu qui ne sont pas blanc bleu. Marre de me faire trimballer par des coureurs d'indemnité, carriériste à la petite semaine. Marre de savoir, de comprendre les « arrangements », les petites magouille, et de ne rien pouvoir dire puisqu'aucune preuve n'est atteignable. Ses élus, qui sont légion dans les zones isolées, ne sont pas du a l'aveuglement de la population, mais a l'impuissance des administrations. Ou sont les contrôles de légalité qui devrait annuler, cent fois, mille fois, des conseils municipaux, des PLU, des élections douteuses ... ? Ils préfèrent chasser les immigrés ...
          Parfois, par désespoir, après 25 ans d'attente je peu le comprendre, des électeurs, des amis, me disent : « Anthony, si tu n'utilise pas les même méthodes, tu ne gagneras jamais ». Je ne me suis pas engager en politique pour cela. Je me suis engagé contre cela. Alors quoi que sa coûte. Quel que soit les risques. Je continuerai à me battre sans usé de démagogie et en faisant face avec humour a ses attaques stérile, haineuses et médiocre.
          Le plus important pour un homme de conviction n'est' il pas d'être en paix avec sa conscience ? Au delà même de la victoire, de la lutte, c'est la rigueur de la méthode et la probité qui est l'élément essentiel d'une vie politique saine et réussi.


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Dimanche 6 juillet 2008


          Cette année encore, pas de mer ...  Le bateau manque ... Marcel nous a quitté il y aura bientôt deux ans à la rentrée. Ses pipes, son capo gris et son compagnon,  le « Maminodi », sont partis avec lui et vogue vers d'autre horizons surement moins agité et plus sec. Que de bon souvenirs et de galères sur se foutu rafiot qui failli bien causer notre perte mais que j'ai tellement aimé ! Alors pour les souvenirs et dans l'espoir de repartir un jour prochain, quelques chansons de mer pour moi et mon grand père.


Chantons pour passer le temps :


Seins 1940 :


Du rhum, des femmes :


Day O :


Fanny de Laninon :


Le 31 du mois d'août :


Jean François de Nantes :



Dès que le vent soufflera (Renaud) :


La Mer (Trenet) :


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Samedi 5 juillet 2008

         
          Quelques minutes avant son interview dans le 19/20 sur france 3 le 30 juin 2008, Nicolas Sarkozy patiente et se fait maquiller. Les micros sont ouverts et les caméras chauffes ...

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Vendredi 4 juillet 2008

          Hier, jeudi 3 juillet, Christine Lagarde se félicitée de l'augmentation de 40 % du nombre moyen d'heures supplémentaires effectué par le salarié au premier trimestre 2008 par rapport au premier trimestre 2007. « En moyenne, dans les entreprises de plus de 10 personnes, un salarié a accompli 8,7 heures supplémentaires dans le trimestre contre 6,2 un an plus tôt... » a-t-elle indiqué devant la presse. Mais, la ministre de l'économie et des finances ment par omission : le nombre moyen d'heures supplémentaires est en forte hausse depuis ... septembre 2007, soit précédemment à l'entrée en vigueur des mesures Sarkozy de défiscalisations (voir site du gouvernement). Elles étaient déjà de 8,4 heures par salarié au 4ème trimestre 2007 comme l'indique le site du gouvernement. De plus, la DARES (Direction de l'animation de la recherche des études et des statistiques) reconnaît que les entreprises sous-déclaraient le nombre d'heures supplémentaires. La loi TEPA, qui défiscalise les heures supplémentaires et qui vise à doper le pouvoir d'achat, a simplement amené les entreprises à régulariser leurs situations. Mais, ces mesures coûtent 150 millions d'euros par mois aux régimes sociaux selon les chiffres de l'URSAFF, sans compter le manque à gagner fiscal. Déjà, en avril, une polémique sur ce sujet opposé Christine Lagarde et Didier Migaud, président PS de la commission des finances de l'assemblée national. S'appuyant sur une étude réalisé a la demande de la commission, Didier Migaud avais alors calculé que le dispositif coûtait plus cher à l'Etat qu'il ne rapportait aux salariés.
          La ministre, bien sur, c'est bien gardé d'insister sur une autre information du jour : lors de la réunion du conseil de l'Union nationale (UNCAM), jeudi 3 juillet, les dirigeants des trois régimes d'assurance maladie, travailleurs salariés (CNAMTS), indépendants, commerçants et artisans (RSI) et agricole (MSA), ont proposé des mesures d'économies pour 3 milliards d'euros au total, afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale, réévalué à 10,5 milliards d'euros en 2007 par la Cour des comptes.
          Dans le même temps, Les Echos annonce dans leur édition d'aujourd'hui, que les 1291 premiers bénéficiaires du bouclier fiscal à 50% en 2008 ont touché en moyenne 47 000 euros. Le coût global de cette mesure, votée en juillet 2007, dans le cadre de la loi sur le travail, l'emploi et le pouvoir d'achat, dite "paquet fiscal", a été estimé à 625 millions d'euros, mais devrais couter beaucoup plus cher...


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Mercredi 11 juin 2008

          Alors que quinze des vingt sept pays européens ont déjà ratifiés le traité de Lisbonne par voie parlementaire, l'Irlande organise se jeudi un référendum. L'Irlande est la seul nation à être tenu, de part sa constitution, à organiser un scrutin populaire afin de ratifié un traité extra-national (la France l'était également, mais Sarko à préféré faire sauter cette règle inscrite par Chirac dans la constitution...). S'il est ratifié à temps par tous les pays, et qu'il n'est rejeté par aucun, il entrera en application au 1er janvier 2009. Rédigé après de laborieuses négociations, il remplace le projet de Constitution Européenne rejeté par les Français et les Néerlandais en 2005. Un dernier sondage publié dimanche donne une très courte avance au « oui » dans ce scrutin crucial pour le traité, alors que le non l'emportait d'après les sondages des deux dernières semaines. Les incertitudes demeurent donc, et le scrutin tiendra demain en haleine les partisans comme les ennemies du « Mini » traité.
          Alors que l'Irlande est le pays qui a le plus bénéficié de son intégration à l'UE elle avait déjà rejeté par referendum le traité de Nice en 2001, qui avait été finalement adopté par un nouveau référendum en 2002. Cette fois, le « oui » et le « non » sont au coude à coude. Avec trois points d'avance à 42% d'intentions de vote le « oui » arrive en tête du dernier sondage publié légalement avant la consultation jeudi des quatre millions d'électeurs irlandais sur le traité réformant les institutions européennes. Mais les partisans du texte restent mobilisés car, comparé à l'enquête réalisée par l'institut Red C il y a quatre semaines, leur camp n'a gagné qu'un point, tandis que le « non » a rallié 6 points obtenant 39%. Un autre sondage de l'institut TNS MBBI publié il y a quinze jours plaçait le « non » en tête avec 35% des intentions de vote contre 30% pour le « oui ».
          Le premier ministre Irlandais Brian Cowen, en poste depuis un mois, déclaré dimanche sur la radio publique RTE : « Je pense que ce traité va être adopté. J'ai confiance dans le discernement et le bon sens des Irlandais... » « Je crois qu'ils penseront à toutes les bonnes choses dont nous avons bénéficié depuis notre adhésion à l'Union Européenne... », a-t-il ajouté, insistant sur le fait qu'en cas de rejet l'Irlande serait « marginalisée » au sein de l'UE. « Il s'agit d'un accord convenable, équilibré, bon pour l'Irlande et bon pour l'Europe », a-t-il plaidé.
          Pour Dick Roche, le ministre Irlandais des Affaires Européennes, « il ne fait aucun doute que si le « non » l'emporte ici ou s'il y a un rejet du traité dans un autre Etat membre, l'Europe sera plongée dans une nouvelle période de crise », a-t-il dit sur Sky news dimanche. M. Roche a assuré que la campagne pour le « oui » serait menée jusqu'à la dernière minute pour rappeler aux Irlandais que leur pays est l'un des « grands gagnants de l'Europe ».
          Les élus et responsables du gouvernement Irlandais lancent depuis une semaine dans les médias des appels tout azimuts à la mobilisation pour le « oui ». Car si le peuple Irlandais est partagé, la classe dirigeante ne l'est pas : plus de 75 % des élus defendent le « oui ». Alors l'enjeu de ces prochains jours va être de convaincre les indécis (19%) dans un pays où l'électorat est coutumier de mouvements d'opinion de dernière minute. L'issu du scrutin dépendra donc à la fois de la capacité de mobilisation des pro-traité et des indécis qui sont enclins à voter non, mais qui ne sont pas forcement disposés à aller voter.
          L'organisme indépendant chargé de la supervision du référendum aurait préparé, selon le Sunday Times, un dispositif inédit d'envoi de texto sur tous les téléphones portables d'Irlande : un pour rappeler le scrutin de jeudi, un autre comme piqûre de rappel juste avant la fermeture des bureaux. Selon Gearoid O'Rourke, directeur de « Rock the vote » à l'origine de cette initiative, un tel dispositif permettrait d'augmenter la participation d'environ 4%.
          Aucun des deux camps n'est donc assuré de l'emporter. Si la victoire du « oui » est possible, la victoire du « non » est plausible. Si le oui l'emportait la présidence Française de l'UE sera largement consacrée à la mise en œuvre de son application, et notamment à la création du service extérieur commun (ndlr : service chargé de soutenir le futur ministre de l'Union aux Affaires étrangères, combinant les rôles et les fonctions de l'actuel haut représentant pour les Affaires étrangères et de sécurité commune et de la commissaire aux Relations extérieures) prévu par le texte. L'UE sous sa forme actuelle, capitaliste-libérale et bien peu démocratique, serait ressuscitée et survivrait encore longtemps, comme un malade dans le coma qu'on tient sous respiration artificielle. Si le « non » l'emporte demain en Irlande, cela risque de produire un effet domino. En République Tchèque, le Président de la République est un adversaire notoire du Traité. L'opposition de gauche est quant à elle favorable à la ratification tandis que la majorité de droite y est plus résignée que favorable. Il suffirait de bien peu de choses pour transformer cette résignation en hostilité. Seul le fait qu'ils succéderont à la France à la présidence de l'UE retient les Tchèques de repousser le Traité pour ne pas transformer leur future présidence en situation ingérable. Mais si l'Irlande dit « non » avant, ce bémol disparaîtra. Plus important encore, au Royaume-Uni, Gordon Brown s'est engagé sans conviction à faire ratifier le Traité par la voie parlementaire. Mais le parti conservateur exige un référendum, tout comme une partie des travaillistes. Or ce référendum serait bien évidemment perdu. Gordon Brown, qui est très affaibli après la défaite du Labour aux municipales, pourrait donc être tenté de différer la procédure de mise en œuvre de la ratification, comme l'avait fait Tony Blair avec la Constitution après le « non » de la France. Il y aurait en effet une allure d'acharnement thérapeutique à vouloir surmonter le « non » irlandais comme on a surmonté le « non » français et néerlandais en 2005. Il serait alors peut être temps de se poser la question de ce que les peuples Européens veulent pour l'avenir et de remettre l'ouvrage sur le métier.
Si bien que je lançe un appel à mes camarades irlandais : please, save the european democracy, vote No !


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Mardi 10 juin 2008

          Une nouvelle polémique fait rage au Parti Socialiste : libéral ou non libéral ? Le Socialisme Kesako ? Voila enfin un lièvre de levé ! Voila enfin un débat digne d'intérêt. D'accord ou non avec Bertrand Delanoë, on ne peu que se réjouir d'un tel intérêt des militants comme des français pour cette question. Bien sur, la droite, et quelque fois les médias, nous moque et nous assène quelque phrases imbéciles sur se débats qui seraient « dépassés ». Pourtant, en me replongeant dans mes classiques du Socialisme et de l'histoire politique, j'ai compris combien cette question était d'actualité. Combien elle pouvait remettre de l'ordre dans le bordel idéologique qu'est devenu le PS, si nous étions capable d'en discuter ouvertement, sans se soucier des quand dira-on et en prenant soins de ne pas mettre de coté l'histoire.
          Alors le libéralisme est-il compatible avec le socialisme ou est-ce un gros mot ? Pour répondre à cette question, il faut opérer une plongée dans l'histoire politique des idées de la Gauche en Europe au XIX éme siècle. En 1830, la devise du mouvement Socialiste, alors en pleine expansion, était "Plus de libéralisme impuissant". Le libéralisme, comme doctrine de l'émancipation de la personne (a l'époque en tout cas), des droits de l'individu, de 1789, se voyait en effet contesté par ceux-là même qui avaient mené, depuis une cinquantaine d'années, le combat pour les libertés individuels et collectives. Pourquoi une telle volteface ? Parce que ces intellectuels se sont rendu compte que revendiquer uniquement les libertés ne suffisait pas. Seuls quelques-uns jouissaient des libertés acquises quand une majorité en était écartée. Ces militants de l'émancipation de l'humanité ont donc jugé nécessaire de compléter la doctrine libérale par la notion d'égalité. Or, le socialisme, ce n'est rien d'autre que cette même idée. Le Socialisme c'est le constat qu'il faut créer et réglementer les conditions de la liberté pour que chacun puisse être réellement libre et c'est précisément pour réaliser ces libertés qu'on a construit le socialisme ! Sans l'intervention de la puissance publique, sans les politiques d'éducation de masse (école obligatoire pour tous jusque 16 ans, égalité des chances), la protection des salariés (code du travail, réglementation et diminution du temps de travail), les droits de rassemblements en syndicats, en association et en parti, la diffusion de la culture (musée nationaux, gratuité pour les jeunes, diffusion dans les écoles, création des théâtres nationaux, ouverture des bibliothèques publiques), la diffusion massive de l'information, librement par les médias, l'évolution des mœurs (dépénalisation de l'homosexualité, droit a l'avortement), l‘ouverture de la vie politique a tous, etc , nous serions dans ce que Maurice Merleau-Ponty appelait la « mystification libérale ». Les libertés pour quelques-uns, souvent les plus riches, et pas pour les autres. L'égal résultat de l'ancien régime, l'hypocrisie politique en plus. Le socialisme n'est donc en rien l'antithèse du libéralisme, mais son dépassement. Il ne faut donc pas laisser les libertés aux libéraux, ni se laissé manipuler par le détournement sémantique et économique de l'idéologie libérale par la droite. Ce serait une erreur majeure. Une erreur stratégique et historique. Malgré cela, cette doctrine, qui veut des Hommes libres mais qui n'oublie pas que, pour que les gens soient libres, il faut mettre en œuvre un gouvernement du peuple, porte un nom et cela s'appelle le Socialisme ! Il n'y a donc pas de raison de s'appeler aujourd'hui "libéraux" ni de se réclamer de cette héritage. C'est une question qui a été réglée en 1830.
          Ce débat a donc une grande utilité, si il nous amène en revisitant notre histoire souvent inconnu de nos élites et de nos militants, à nous recentrer sur notre premier devoir : encadrer les libertés collectives pour garantir l'émancipation et l'égalité de tous. Tant que l'on ne répondra pas dans notre société à la demande d'égalité, notre problème majeur, nous resterons dans la mystification de libertés qui ne valent que pour quelques-uns et dans la frustration d'un peuple épri de liberté, d'amour, de justice et de culture.

 


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Dimanche 8 juin 2008

          Depuis quelques semaines j'étais moins présent. Sur la toile, au près de mes amis, de ma famille, au Parti, au MJS, au près de mes colistiers, j'ai fais défaut. La raison est à la fois simple et compliqué. Je vais être papa ! J'avais retenu l'information jusque là pour cause de délai raisonnable et d'information familiale prioritaire, mais voici que l'affaire est avançé (plus de trois mois maintenant) et que la chose est assurée : Jane a un petit Gratacos en gestation dans son joli ventre doux qui commence à devenir sérieusement rond.
          Biensure l'annonce fut épique, surprenante, inattendue, une semaine après les élections municipales, alors qu'un désordre certain me gouvernait. Je cru tout d'abord sentir le sol se dérobé sous mes pieds, comme si le plancher foutait le camp, puis un chatouillement me parcourra l'épine dorsale pour finir par s'épanouir en sourire increvable sur mes lèvres mouillées de quelques larmes. Puis viens la question qui tue : « je vais donner quoi comme papa moi ? » avec la trouille inhérente de faire peser sur une tête qui n'est pas encore né tout le poids de mes doutes et de mes angoisses. Cette question, après quelques semaines, je n'y ai pas répondu, mais elle n'est plus omniprésente. Ce qui compte c'est déjà de l'aimer. C'est fait !
          La vie décidément, ne veut pas reprendre son court normal. Après la campagne présidentielle, les municipales, me voici futur papa avec tout les chambardements que cela implique ! Les inquiétudes, la pression, les angoisses des premières semaines ont, maintenant que j'ai vue se petit corps qui pousse et que j'ai entendu son cœur minuscule battre à tout rompre, laisser place a une quiétude et un bonheur incommensurable. De nombreuses questions matériels restent à résoudre : trouver un nouvel emploi (avec des fiches de payes, et non comme indépendant, lol) trouvez un appartenant digne de se nom, ... La question la plus intéressante, qui est aussi la plus épineuse, et de savoir comment nous allons pouvoir Jane et moi appliquez nos belles idées écologiques a l'arrivé de notre enfant. Les couches biodégradable coûtent une fortune (sont elles sures ?...) les biberons en verre sont moins simple à nettoyer que les biberons en plastique, les meubles en bois plein sans produits chimiques coutent également une fortune, les produits bébé sans méthyle paraben ne courent pas les rues et question pouvoir d'achat, comme tout le monde, on n'est pas gâté... Mais je ne désespère pas d'y arriver. Ces défis nous les relèverons comme les autres. Même si nous devons faire des sacrifices nous ne lâcherons rien, ni pour son éducation, ni pour son bien être.
          En tout cas, quoi qu'il se passe et quelque seront nos décisions, une chose est sure, cette enfant ne manquera pas d'amour et nous, nous ne manquons pas d'être heureux.


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Dimanche 8 juin 2008

          Etienne n'est jamais parvenu à rencontrer Mitterrand, ni Danièle, ni Mazarine. Pourtant, en 1981-83 il a tout tenté. Pour entretenir l'espoir il tue le temps en sautant des bourgeoises, des prolotes et des demi-folles, en buvant du thé chinois et en découvrant Miles Davis, Prevert et Marguerites Duras au fil de rencontre plus enrichissante les unes que les autres. Il fait l'artiche dans le demi-monde, avec les Roms, chez les bobos, à Paris comme à Avignon, et s'étonne avec naïveté et désespoir qu'on ne puisse discuter le bout de gras avec Tonton comme avec la voisine du dessous. Fils d'un mécano communiste, il n'a pas eu 20 ans dans les Aurès et croit que c'est arrivé pour lui. Le jour de son anniversaire, 10 mai 1981, il croit au grand soir, la gauche a pris le pouvoir en passant par la grande porte et l'espoir d'un changement durable né sur les marches du pantheon en se garçon romantique et bienheureux, idéaliste et obsédé sexuel pris de passion par la cause des travailleurs harceler par le pratronnat. Il va s'apercevoir assez rapidement que la gauche s'est corrompue en se complaisant dans les dorures, le pouvoir et les voitures de luxe. Les débuts de la grande désillusion ...
          Le fil rouge de ce récit, moitié romancé, moitié autobiographique, c'est la tendre obstination de ce jeune homme à tout faire (dont faire jouir les copines et les bonnes ocases ...) qui cherche absolument à aborder Mitterrand. Le récit est ponctué par des têtes de chapitres qui remémorent les événements des années 1981-83. Les grandeurs et les avancées, les reculades et les petitesses de l'impuissance du socialisme au pouvoir.
          Plus passioné qu'un Lucchini, plus excentriques qu'un Alphonse Allais, plus impertinent que Philippe Meyers, plus bouillonant que François Cavanna, plus savoureux que Daniel Pennac, plus mordant que Jules Renard et plus éfficace que Roger Vaillant, il est l'héritier des grand Jacques Perret et Fréderic Dard. Constamment hilarant, jouissif, jubilatoire et truculent, on savoure ces bons mots et tournures de phrases qui font les délices des lecteurs du Canard, de Charlie ou de San Antonio et des scénaristes de films franchouillards qui laissent au lecteurs du grain à moudre avant de se dire « aprés tout, vivons, baisons, et oublions de continuer à passer pour des cons ».
          Publié par les éditions La Musardine, comme beaucoup de titres sulfureux ou libidineux, libertins ou simplement coquins, tout comme les précédents ouvrages de Liebig, manuéliste de l'abordage galant et grand prêtre du point G. Mentionnons Osez coucher pour réussir ; Comment draguer la militante dans les réunions politiques ; Comment draguer la catholique sur les chemins de Compostelle.
          Ici, découverte des corps et des fantasmes féminins ou triolisme sont évoqués comme allant de soi, comme on en papoterait entre copains. Politiquement, c'est un traité de savoir-survivre au large d'un corps social qui souffre à l'usage des jeunes générations et à ce titre à mettre entre les plus adolescentes mains. Au naturel, les siennes, celles de Liebig, parcourent un saxo avec autant de génie que son héros parcours le corps des femmes.
          Pour les nostalgiques de l'ère mitterrandienne, ou pour les plus jeunes qui aimeraient comprendre ce que signifia l'avènement de la gauche en 1981, l'ouverture des ondes, les radios libres, l'abolition de la peine de mort, des ministres communistes au gouvernement, ... Et la libération sexuelle, conséquence de Mai 68, juste avant l'arrivée du sida.

          « Comme pour des milliers de jeunes français, la victoire de François Mitterrand et de la gauche en 1981 a été pour moi une formidable bouée où accrocher désespérément mes rêves d'utopie, mes espoirs d'égalités sociales et ma soif de libertés partagées. [...] Dans Paris, à cette époque, les filles étaient belles, leur regard pur, leurs jambes longues, elles sentaient l'amour comme je sentais le désir. Les femmes m'ont fait oublier la sueur poisseuse de mes journées de travail, l'odeur âcre du métal que l'on charrie, la chaleur du chalumeau, le manque de chance d'être pauvre. Les femmes m'ont fait oublier la déception de n'être rien sous la droite et de n'être pas plus sous la gauche quand on est ouvrier. En 1981, j'avais 20 ans, j'aurais donné mon scooter et ma collection de disques de Miles Davis pour rencontrer François Mitterrand et ne plus entendre de disco à la radio. Le sort en a décidé autrement. »

"Je n'ai jamais rencontré Mitterrans, ni sa femme, ni sa fille ...", Étienne Liebig, édition La Musardine, 17 €.


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Dimanche 8 juin 2008

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