Hier, jeudi 3 juillet, Christine Lagarde se félicitée de l'augmentation de
40 % du nombre moyen d'heures supplémentaires effectué par le salarié au premier trimestre 2008 par rapport au premier trimestre 2007. « En moyenne, dans les entreprises de plus de 10 personnes,
un salarié a accompli 8,7 heures supplémentaires dans le trimestre contre 6,2 un an plus tôt... » a-t-elle indiqué devant la presse. Mais, la ministre de l'économie et des finances ment par
omission : le nombre moyen d'heures supplémentaires est en forte hausse depuis ... septembre 2007, soit précédemment à l'entrée en vigueur des mesures Sarkozy de défiscalisations (voir site du gouvernement). Elles étaient déjà de 8,4 heures par salarié au 4ème trimestre 2007 comme l'indique le site du gouvernement. De plus, la DARES (Direction de
l'animation de la recherche des études et des statistiques) reconnaît que les entreprises sous-déclaraient le nombre d'heures supplémentaires. La loi TEPA, qui défiscalise les heures
supplémentaires et qui vise à doper le pouvoir d'achat, a simplement amené les entreprises à régulariser leurs situations. Mais, ces mesures coûtent 150 millions d'euros par mois aux régimes
sociaux selon les chiffres de l'URSAFF, sans compter le manque à gagner fiscal. Déjà, en avril, une polémique sur ce sujet opposé Christine Lagarde et Didier Migaud, président PS de la commission
des finances de l'assemblée national. S'appuyant sur une étude réalisé a la demande de la commission, Didier Migaud avais alors calculé que le dispositif coûtait plus cher à l'Etat qu'il ne
rapportait aux salariés.
La ministre, bien sur, c'est bien gardé d'insister sur une autre information du jour : lors de la réunion du conseil de l'Union nationale
(UNCAM), jeudi 3 juillet, les dirigeants des trois régimes d'assurance maladie, travailleurs salariés (CNAMTS), indépendants, commerçants et artisans (RSI) et agricole (MSA), ont proposé des
mesures d'économies pour 3 milliards d'euros au total, afin de réduire le déficit de la Sécurité sociale, réévalué à 10,5 milliards d'euros en 2007 par la Cour des comptes.
Dans le même temps, Les Echos annonce dans leur édition d'aujourd'hui, que les 1291 premiers
bénéficiaires du bouclier fiscal à 50% en 2008 ont touché en moyenne 47 000 euros. Le coût global de cette mesure, votée en juillet 2007, dans le cadre de la loi sur le travail, l'emploi et le
pouvoir d'achat, dite "paquet fiscal", a été estimé à 625 millions d'euros, mais devrais couter beaucoup plus cher...
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