Mercredi 16 juillet 2008

          L'inamovible président du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, Jean-Marc Ayrault, qui remettait son manda en jeu un an après sa réélection dans la foulée des législatives de 2007, a été réélu par 120 vois contre 57 pour Arnaud Montebourg, mardi 8 juillet, lors d'un scrutin qui a donné un avant-goût de l'affrontement annoncé au congrès de Reims en novembre.
          Le député-maire de Nantes, chef de file du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale depuis 1997, a vue dans cette réélection "l'adhésion à une méthode", celle du travail collectif. "Ce qui a gagné, c'est une certaine idée du fonctionnement du groupe parlementaire, qui n'est pas soumis aux aléas de congrès", s'est-il félicité après le vote. "Il n'y a pas d'homme providentiel. Ce qui est important, c'est qu'on joue collectif. La bataille contre la droite, contre le système Sarkozy, est particulièrement rude", a-t-il noté. "Les députés socialistes dans leur très grande majorité ont souhaité rester unis et forts". JM Ayrault n'a pas précisé si Arnaud Montebourg resterait premier vice-président du groupe. De son côté, Arnaud Montebourg, qui s'était lancé jeudi dernier à la surprise générale à l'assaut de la présidence du groupe, a vu dans son score une "étape" dans le renouvellement des dirigeants du PS. "C'est une belle étape, il y en aura d'autres", a-t-il lancé, "tôt ou tard, la question de la mutation et du renouvellement du Parti socialiste sera sur la table". Expliquant que sa démarche ne s'inscrivait "pas du tout" dans la préparation du congrès, Arnaud Montebourg, soutenu par les "reconstructeurs" (amis de Laurent Fabius et Martine Aubry), a estimé que la question du renouvellement serait posée lors du rendez-vous de novembre à Reims. Déjà candidat il y a un an, Arnaud Montebourg avait recueilli 30 voix au premier tour, contre 78 pour Jean-Marc Ayrault. Ses partisans n'ont pas caché leur déception. "Il y a le syndicat des intérêts acquis et de l'immobilisme et ceux qui veulent bouger", a jugé Yves Durand. Le député du Nord a mis en cause le vote par correspondance utilisé pour faire voter les nombreux députés absents en cette période de session extraordinaire: "on n'a jamais voté par correspondance dans ce parti, même pour le Premier secrétaire".
          François Hollande, qui soutenait Jean-Marc Ayrault ainsi que les partisans de Bertrand Delanoë et de Ségolène Royal, a salué le "choix de la cohésion, de la cohérence et de la solidarité".

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